le matos (2)

Le matériel individuel minimal

Si vous pratiquez régulièrement, il vous faudra acquérir un minimum de matériel :

  • un casque
  • un baudrier
  • des longes
  • un descendeur
  • des chaussures
  • une combinaison néoprène
  • des chaussons
  • des gants.

la combinaison :

La combinaison est en néoprène, généralement de 5 mm d’épaisseur.

Le choix de Pierre: Combi basic 2 pièces 5 mm sans manchons trop serrés.

L’idée d’une combinaison en néoprène est d’avoir une couche d’eau réchauffée autour du corps, qui isole de l’eau froide à l’extérieur. La peluche à l’intérieur de la combinaison améliore cet effet. La circulation d’eau ou un échange d’eau entre l’intérieur et l’extérieur de la combinaison est à éviter. Pour cette raison, le néoprène devrait être près du corps sans être trop serré bien sûr. Pour éviter une usure trop rapide, la combinaison devrait avoir des protections au niveau des genoux et du coude (fesses normalement protégées par le baudrier). Néanmoins, les protections ne devraient pas être trop rigides, pour ne pas abîmer le néoprène sur le bord. La durée de vie d’une combinaison est d’à peu près 5 ans pour une utilisation occasionnelle, et 3 ans pour une utilisation intensive.
Les combinaisons de plongée sont plutôt déconseillées car elles n’ont pas de protection, surtout si elles sont d’une grande épaisseur et préformées au niveau des articulations (limitant la liberté du mouvement). Aussi déconseillés sont les manchons (poignets/chevilles), comme ils se cassent facilement et ne peuvent pas être réparés. Les galons sont mieux à ce regard.
Il y a deux types de combinaisons possibles:
- Combinaison deux pièces (salopette et veste) : Une combinaison deux pièces fournit une deuxième couche au niveau du tronc, qui est une zone importante de perte de chaleur. Normalement, elle contient une cagoule qui est très importante pour deux raisons : d’une part, elle protège la tête par laquelle on perd beaucoup de chaleur et d’autre part, elle protège aussi la nuque, qui est responsable de la régulation de l’irrigation sanguine du corps. Un refroidissement de la nuque provoque une réduction de l’irrigation des membres, qui pourrait engendrer une perte de la sensation et de la force dans les doigts et dans les mains. Cela pourrait provoquer des situations très dangereuses.
- Combinaison une pièce : Une souris/débardeur ou des sous-vêtements de sport peut servir de deuxième couche pour une combinaison une pièce. Si elle ne contient pas de cagoule, il existe des cagoules vendues séparément. Par contre, dans ce cas, il faut assurer une couverture suffisante de la nuque, pour les raisons données plus haut.

Chaussons :

Les chaussons sont d’une épaisseur de 3 à 5 mm, ceux de 3 mm étant normalement trop fins. On choisit alors typiquement des chaussons de 5 mm. Sinon il faut respecter les mêmes règles pour l’achat que celles pour la combinaison.

Le choix de Pierre: 5 mm cela amortie mieux!

Gants :

Les gants protègent les mains du froid, mais aussi contre les frottements, et même les blessures (selon le rocher il peut y avoir des cristaux ou des particules dans l’eau qui abîment les mains, surtout pendant les manips de cordes ou les rappels).
Les gants en néoprène devraient avoir une épaisseur de 3 à 5 mm, plus épais serait trop car ça gênerait pendant les manips de cordes ou les rappels.
Comme les gants s’abîment très rapidement, des gants de jardinier en cuir, imitation cuir ou caoutchouc (avec peluche à l’intérieur) sont une option moins chère qui s’abîme moins vite, mais qui est suffisante.

Le choix de Pierre: gants spéléo (plastique solide, toilé intérieur) ou 3 mm noép.

Chaussures :

La chaussure idéale est l’objet de discussions sans fin chez les canyoneurs.
Les qualités exigées sont :

  • l’adhérence maximale en milieu humide, moussu et penché,
  • une bonne protection des chevilles,
  • une bonne résistance à l’abrasion,
  • un confort acceptable pour les marches d’approche

Les modèles « spécial canyoning » sont rares, le seul modèle ayant réussi à s’imposer est la « Canyoneer » de FiveTen. Son grip sur caillou moussu-mouillé-penché est légendaire, sa tenue de pied est très bonne, mais elle est un peu fragile et surtout bien chère. Mais elle a ses inconditionnels.

Alternativement, certains utilisent des chaussures « de chantier » ou « d’intervention » concues pour le travail en millieu humide (ex : les Jallate, vendues sous l’appellation « Guara » chez Expe.fr) … Bon grip, bonne protection mais plus lourdes et pas vraiment meilleur marché que les Five-Ten.

Certaines chaussures « aquatiques » (salomon…) ont aussi leurs adeptes. Elles sont légères, agiles, adhérentes, mais la protection des chevilles est souvent minimale (ou inexistente) et la solidité très relative.

Toutes ces chaussures « spéciales » sont assez chères et certains préfèrent un premier prix au rayon « petite rando » chez Décath’, quitte à en changer 2 fois par an.

La derniere solution, c’est la vieille basket : une paire de baskets tous terrains peut très bien finir sa carriere en canyon, si on n’a pas peur de finir pieds nus.

Le choix de Pierre: Ancienne chaussure de running (en enlevant la semelle intérieur) ou chaussure de marche 1er prix (Gémo, Décathlon, Go), mais le mieux: la 5-10!

Casque :

Il n’existe pas de casque spécialement conçu pour le canyon et on utilise des casques de montagne, type alpinisme, qui sont construits pour amortir des chutes de pierres – ou de matos qui tombe du haut. (ex : le très classique Ecrin chez Petzl, ou l’Elios)

Les casques d’eaux vives ou de kayak sont fortement déconseillés, car ils protègent seulement les oreilles et les cotés contre les chocs, mais pas suffisamment le haut de la tête.

Les casques ultra légers de grimpe ou de cyclisme en polystyrène expansé (ex : météor de petzl) sont égalements déconseillés. Ils sont un peu trop fragiles et se dégradent en quelques sorties.

Certains casques ont des dispositifs qui permettent de fixer une lampe frontale. Les casques de spéléo font par ailleurs de très bon casques de canyon.

Baudrier :

Pour une utilisation ponctuelle, il y a trois types de baudriers utilisables en canyon : escalade, spéléologie et canyoning.

Historiquement on utilisait en canyon des baudriers de spéléo. Ils sont extrêmements résistants, ne craignent ni l’eau ni les frottements et sont bien adaptés aux manips sur cordes. Mais ils ont un gros défaut : leur point d’encordement est très bas (pour optimiser, en spéléo, la remontée aux bloqueurs). En canyon, en rappel sous cascade, cela peut entrainer une bascule en arrière du corps, voir un retournement tête en bas, ce qui est franchement dangereux.

Les baudriers d’escalade sont aussi utilisables en canyon. Ils sont confortables et leur point d’encordement haut placé ne présente pas le risque de retournement des baudriers spéléo. Mais les matériaux sont bien plus fragiles et ils peuvent se pourrir en quelques sorties : il devient alors vraiment dangereux de les réutiliser en escalade.

Les baudriers de canyon ont des protections de sangles et souvent une « culotte » pour les fesses, qui protège le baudrier et la combinaison. En plus, cette dernière les rend plus agréable pour rester dans un relais plus longtemps. Le point d’encordement est haut placé. Un investissement vite rentable si on pratique beaucoup.

Selon les fabricants, la durée de vie maximale d’un baudrier est de 5 ans (même quand ils ne sont pas utilisés).
C’est aussi pour ça qu’il n’est pas recommandé de l’acheter d’occasion !

Le choix de Pierre: baudrier spéléo (c’est 100x mieux pour remonter!) avec ponter mobile (MAVAC = demi-lune zicral simple) + jupe séparé résurgence (pub, mais ça tiens 3x plus longtemps qu’une autre!)

Longes :

Pour les longes, on choisit une corde dynamique (pour amortir le choc en cas de chute) d’une épaisseur de 9 à 11 mm et de 3 m de longueur.
La longe courte devrait avoir une longueur équivalente à celle de l’avant bras. La longe longue ne devrait pas dépasser la longueur entre le point d’attachement et le bras étendu, de façon à toujours pouvoir attendre le mousqueton.
Pour attacher les mousquetons, on choisit un noeud de huit pour une corde de 9 mm (réduit la résistance de la corde de 45 % seulement) et un noeud simple pour les cordes de 10 mm ou plus (réduit la résistance de la corde de 55 %).
Pour éviter que la corde ne glisse et, pire, que le noeud ne s’ouvre, on attache les bouts de la corde avec du scotch au brin long de la corde qui sort du noeud.

En bout de longe, on place deux mousquetons key-lock (pas de crochet) certifiés (CE et EPI – Equipement de Protection Individuelle), et non des mousquetons à vis. Pour s’assurer que le mousqueton est toujours en bonne position, on peut fixer la corde dans le coin bas du mousqueton avec un élastique (coupé d’une ancienne chambre à air de vélo par exemple).

Une alternative de plus en plus courante est de nouer les mousquetons avec un demi noeud de pécheur double. Il a l’avantage de se serrer contre les mousquetons et de les empêcher de bouger.

Le choix de Pierre: 2,5 m de 10 mm (de toute façon à changer tout les ans!) + 2 mousqueton SIMPLE! avec nœud de 1/2 pêcheur double.

Huit :

Le huit est quasiment le seul appareil de descente utilisé en canyon. Tous les autres systèmes (descendeurs spéléo, tubes ou plaquettes d’escalade) présentent des défauts ou dangers objectifs sous nos cascades.
Un huit montagne « standard » convient parfaitement, attaché au baudrier par un mousqueton à vis certifié CE (forme HMS de préférence). Il existe aussi quelques huits « spécial canyon », en particulier :

  • le piranha de Petzl, dont la forme très étudiée permet de moduler le freinage pendant la descente, et le rend imperdable. Certains détestent, d’autres adorent et tout le monde le trouve un peu cher. (ndlr : moi je détestais, jusqu’à ce qu’on m’en offre un, maintenant j’adore)
  • le « double huit » ou SFD8, tout nouveau. Permet, semble-t-il, quelques montages innovants en encadrement.
  • le « neuf », autre variante du huit (pas encore testé)

L’utilisation d’un descendeur spéléo à poulies fixes (comme le « simple » de Petzl) est à éviter absolument pour les descentes aquatiques, sous risque de boire un peu trop d’eau. Nonobstant, pour de très grandes verticales pas arrosées, ce peut être un choix plus confortable et plus sûr qu’un huit, surtout pour équiper.

Le choix de Pierre: 8 simple avec grand mousqueton à vis (poire : HMS) sans encoche.

Pour être autonome

Il vous faudra encore acheter quelques bricoles :

  • un sac spécial canyon.
  • un second descendeur huit (avec son mousqueton à vis)
  • au moins un bloqueur mécanique : poignée, basic, shunt… Le choix de Pierre: Basic c le mieux!
  • une pédale. Le choix de Pierre: 3 m de cordelette dynema
  • 4 mousquetons à vis (HMS de préférence)
  • un anneau de sangle. Le choix de Pierre: 1,2 m de sangle cousue en dynema
  • un sifflet
  • un couteau accrochable, « imperdable » et ouvrable d’une seule main
  • Le choix de Pierre: en plus de tout ça: un mini-traxion

Le sac

Le sac est extrêmement malmené en canyon, on le jette parfois de plusieurs dizaines de mètres de haut ! Un sac « montagne » ne survivrait pas longtemps. Les « kit-bag » spéléos, tubulaires et en toile enduite PVC, ont la résistance suffisante mais se remplissent d’eau trop facilement. Les sacs canyons sont des sacs « genre spéléo », enduits PVC, mais abondament troués pour faciliter l’évacuation.

Le choix de Pierre: résurgence avec grilles

Le sifflet

Accessoire indispensable, car on n’a pas trouvé mieux pour communiquer dans les cascades :

  • 1 coup = stop (une syllabe)
  • 2 coups = o-k / li-bre (~ deux syllabes)
  • 3 coups = dé-bra-yer (~trois syllabes)

Pour aller plus loin, et encadrer des sorties, il faut un peu de quincaillerie supplémentaire…